# PrusaSlicer vs Cura, lequel choisir pour vos impressions 3D
Le choix d’un logiciel de tranchage représente une décision stratégique pour tout passionné ou professionnel de l’impression 3D. Ces outils transforment vos modèles numériques en instructions compréhensibles par votre imprimante, influençant directement la qualité finale, la vitesse d’exécution et la consommation de matériaux. Avec des milliers d’utilisateurs répartis entre PrusaSlicer et Cura, ces deux géants dominent le marché du slicing FDM. Chacun propose une philosophie distincte : là où Cura mise sur une interface moderne et un écosystème étendu, PrusaSlicer privilégie la rapidité d’exécution et une intégration native avec l’écosystème Prusa. Cette comparaison approfondie vous permettra d’identifier le logiciel correspondant précisément à vos besoins techniques et à votre flux de travail.
Interface utilisateur et ergonomie : cura avec material design vs PrusaSlicer natif
L’expérience utilisateur constitue le premier point de contact avec un logiciel de tranchage. Cura arbore une interface résolument moderne, adoptant les principes du Material Design avec des animations fluides et une esthétique épurée. Les utilisateurs apprécient particulièrement le système de thèmes personnalisables, incluant des modes clair, sombre et même une option pour les daltoniens. Cette attention portée à l’accessibilité démontre la maturité du projet Ultimaker.
PrusaSlicer, de son côté, privilégie une approche plus fonctionnelle avec une interface native qui s’intègre harmonieusement à votre système d’exploitation. Moins tape-à-l’œil que Cura, cette sobriété dissimule une organisation réfléchie des fonctionnalités. Les développeurs ont opté pour une disposition logique des outils, facilitant la transition pour les utilisateurs migrant depuis d’autres slicers comme Slic3r dont il est dérivé.
Navigation et organisation des paramètres dans l’interface cura 5.x
Cura structure ses paramètres selon une hiérarchie à plusieurs niveaux, accessible via un menu déroulant sur le panneau latéral droit. Cette organisation en cascade présente l’avantage d’ajuster automatiquement les paramètres dépendants lorsque vous modifiez une valeur principale. Par exemple, en changeant la hauteur de couche, Cura recalcule automatiquement les vitesses d’impression optimales et les paramètres de rétraction. Cette intelligence intégrée simplifie considérablement la vie des débutants tout en offrant un contrôle granulaire aux experts.
Cependant, cette richesse fonctionnelle comporte un revers : avec plus de 400 paramètres configurables, la fonction de recherche devient indispensable. Malheureusement, certains utilisateurs rapportent une latence notable lors de l’utilisation de cette fonctionnalité, particulièrement avec des projets complexes. La création de vues personnalisées permet heureusement de contourner cette limitation en regroupant vos réglages favoris.
Disposition des outils et personnalisation du workspace PrusaSlicer 2.7
PrusaSlicer adopte une philosophie radicalement différente avec ses paramètres organisés en onglets thématiques clairement identifiés : Réglages d’impression, Filament et Imprimante. Cette segmentation facilite la localisation rapide des options pertinentes sans nécessiter de fouiller dans des menus imbriqués. L’interface expose simultanément davantage d’informations, ce qui peut sembler intimidant initialement mais accélère considérablement le workflow une fois maîtrisé.
La barre d
e d’outils située à gauche donne accès en un clic aux fonctions essentielles : déplacement, mise à l’échelle, rotation, découpe, miroir ou encore ajout de modificateurs. Vous pouvez réorganiser certains éléments, mémoriser des vues caméra et adapter l’affichage des contrôles en fonction de votre niveau (Simple, Avancé, Expert). Cette approche « tout sous les yeux » convient particulièrement aux utilisateurs qui préfèrent voir d’emblée les conséquences de leurs réglages plutôt que de naviguer dans des menus contextuels. Sur des écrans larges, PrusaSlicer exploite pleinement l’espace horizontal et réduit drastiquement le nombre de clics nécessaires pour paramétrer une impression 3D.
Gestion du mode expert versus mode simplifié pour débutants
Les deux trancheurs proposent un mode simplifié pour les débutants et des vues plus détaillées pour les utilisateurs avancés. Dans Cura, la logique repose sur le niveau de visibilité des paramètres : vous pouvez choisir d’afficher uniquement les réglages « recommandés » (comme la hauteur de couche ou le remplissage) puis activer progressivement des catégories supplémentaires. Cela permet de démarrer très vite tout en ouvrant la porte, plus tard, à une compréhension fine des paramètres d’impression 3D.
PrusaSlicer adopte une bascule globale entre trois profils d’utilisateurs (Simple, Avancé, Expert). En mode Simple, de nombreux champs disparaissent purement et simplement de l’interface, ne laissant accessibles que les réglages jugés critiques par Prusa. À mesure que vous montez en niveau, l’outil dévoile plus d’onglets et de sous-sections, comme la gestion détaillée des vitesses, des accélérations ou des supports. Cette progression guidée limite le risque de « casser » un profil fonctionnel tout en vous laissant, à terme, un contrôle quasi total sur le G-code généré.
Prévisualisation en temps réel et manipulation de la plateforme virtuelle
La visualisation des trajectoires d’impression est un point clé pour optimiser ses impressions 3D. Cura propose un mode Aperçu très complet, permettant de visualiser couche par couche, de filtrer par type de mouvement (remplissage, parois, supports, déplacements) et d’estimer la consommation de matière. Sur des modèles simples, le rafraîchissement est rapide, mais certains utilisateurs notent un temps de chargement plus long dès que l’on manipule des STLs lourds ou des supports arborescents particulièrement denses.
PrusaSlicer, souvent jugé plus réactif sur ce point, affiche la prévisualisation avec une grande fluidité, même sur des modèles relativement complexes. Vous pouvez faire défiler les couches en temps réel, visualiser les changements de couleur, les tours de purge ou encore la répartition des temps d’impression par type de mouvement. La manipulation de la plateforme virtuelle (zoom, rotation, panoramique) reste fluide sur la plupart des configurations matérielles. Si vous aimez analyser précisément le cheminement de la buse avant de lancer une impression longue, cette réactivité de l’aperçu peut faire une vraie différence au quotidien.
Moteurs de slicing et algorithmes de génération de g-code
Derrière l’interface graphique, tout se joue dans le moteur de slicing et dans la façon dont le logiciel traduit un fichier STL en G-code. C’est un peu comme le moteur d’une voiture : deux modèles peuvent sembler similaires vu de l’extérieur, mais leurs performances et leur comportement sur la route diffèrent radicalement. Comprendre les forces et limites de CuraEngine et de Slic3r PE (base de PrusaSlicer) vous aidera à choisir l’outil le mieux adapté à vos contraintes de temps, de précision et de complexité géométrique.
Curaengine et son approche par couches adaptatives
Cura repose sur CuraEngine, un moteur maison développé par Ultimaker et massivement optimisé au fil des années. L’une de ses fonctionnalités phares est la gestion des couches adaptatives (Adaptive Layers), qui permet de réduire automatiquement la hauteur de couche sur les zones détaillées et de l’augmenter sur les surfaces peu complexes. Concrètement, cela revient à sculpter plus finement les courbes tout en gardant une vitesse d’impression correcte sur les parties droites ou verticales.
En pratique, cette approche par couches adaptatives permet souvent de gagner 20 à 30 % de temps par rapport à une impression entièrement réalisée en fine résolution, tout en conservant une qualité visuelle très correcte. Le réglage reste toutefois considéré comme « expérimental » dans certaines versions, ce qui implique quelques comportements parfois imprévisibles sur des géométries extrêmes. Pour des pièces fonctionnelles où l’aspect esthétique est secondaire, vous pouvez en tirer un gain de productivité notable sans sacrifier la précision dimensionnelle.
Slic3r PE comme base algorithmique de PrusaSlicer
PrusaSlicer s’appuie historiquement sur Slic3r PE (Prusa Edition), un fork du projet open source Slic3r largement retravaillé par Prusa Research. Cet héritage se ressent dans la précision des trajectoires et dans la grande quantité de paramètres disponibles pour les utilisateurs avancés. Les algorithmes de génération de périmètres, de ponts et de remplissage ont été continuellement optimisés pour les imprimantes Prusa, puis généralisés à de nombreux autres modèles FDM.
Cette base algorithmique permet à PrusaSlicer de proposer des fonctionnalités pointues comme la hauteur de couche variable manuelle (via un éditeur graphique), le code G conditionnel ou encore la couture à peindre. Pour les makers qui aiment « tuner » chaque détail de leur G-code, c’est un terrain de jeu extrêmement riche. On peut comparer cela à un moteur de course réglable au micron près : l’apprentissage est plus long, mais les possibilités d’optimisation sont considérables.
Vitesse de traitement et optimisation pour fichiers STL complexes
La vitesse de tranchage devient un critère décisif dès que vous travaillez avec des fichiers STL lourds (scans 3D, modèles organiques, figurines très détaillées). Plusieurs comparatifs indépendants montrent que PrusaSlicer est fréquemment plus rapide que Cura pour trancher ces modèles, parfois de 10 à 30 % à paramètres équivalents. Cette différence s’explique en partie par la manière dont Slic3r PE gère l’analyse des maillages et la génération des trajectoires internes.
Cura n’est pas pour autant en reste : son moteur a été optimisé pour exploiter efficacement les processeurs multicœurs, et les performances se sont nettement améliorées depuis la version 5.x. Toutefois, certains utilisateurs continuent de constater des temps de prévisualisation plus longs et une réactivité moindre lors de modifications successives de paramètres sur de gros projets. Si vous enchaînez plusieurs itérations de slicing dans la même journée, notamment en contexte professionnel, cette différence de nervosité peut vite s’accumuler en dizaines de minutes gagnées ou perdues.
Précision du calcul des trajectoires d’extrusion et rétraction
Au-delà de la vitesse brute, la qualité du G-code influe directement sur l’apparition de défauts tels que stringing, blobs ou petits manques de matière aux changements de direction. Cura et PrusaSlicer proposent tous deux des paramètres avancés de rétraction, de coasting et de contrôle de la pression dans la buse, mais leur implémentation diffère. Certains utilisateurs rapportent par exemple que PrusaSlicer génère des trajectoires légèrement plus efficaces sur les dessus et dans les coins, avec moins de marques visibles à la surface.
De son côté, Cura intègre des stratégies sophistiquées pour limiter le oozing lors des déplacements, en optimisant les rétractions et en ajoutant de petites manœuvres qui réduisent la tension sur le filament. Cela se traduit parfois par moins de « cheveux d’ange » que sur PrusaSlicer à paramètres par défaut, notamment sur des machines grand public comme l’Ender 3. Dans tous les cas, les deux moteurs vous permettent d’affiner très finement ces réglages : l’important est de vous ménager le temps d’expérimenter quelques profils types plutôt que de rester uniquement sur les préréglages d’usine.
Paramètres avancés de supports et structures d’impression
La génération des supports et la gestion des structures internes d’une pièce sont souvent ce qui distingue un slicer « correct » d’un slicer réellement efficace. Vous avez sans doute déjà vu deux impressions 3D sorties de la même machine mais avec des trancheurs différents : l’une propre et facile à ébavurer, l’autre couverte de supports impossibles à retirer. C’est ici que des fonctionnalités comme les supports arborescents, les motifs de remplissage avancés ou la gestion des ponts entrent en jeu.
Supports arborescents organiques dans cura versus supports traditionnels PrusaSlicer
Cura se distingue clairement par ses supports arborescents organiques, inspirés de structures naturelles. Plutôt que de créer des colonnes pleines, le logiciel génère des ramifications qui viennent porter la pièce au plus près de la zone à soutenir. Pour vous, cela signifie généralement moins de matière utilisée, un temps d’impression réduit et une post-production plus simple, surtout sur des modèles complexes comme des figurines, bustes ou pièces avec de nombreux surplombs.
PrusaSlicer, lui, reste sur des supports plus traditionnels pour le FDM, même si leur précision a fortement progressé. Il peut terminer certains éléments de support à des « sous-hauteurs » de couche, offrant une meilleure adaptation à la géométrie du modèle. Pour tenter de se rapprocher du comportement organique, certains utilisateurs exploitent une astuce : générer des supports SLA dans PrusaSlicer, exporter le plateau en STL, puis le re-trancher en mode FDM. Cette méthode reste toutefois un contournement, pas une fonction intégrée. Si les supports arborescents font partie de vos besoins récurrents, Cura garde un net avantage.
Configuration du remplissage : gyroïde, honeycomb et motifs hilbert curve
Le remplissage interne influe à la fois sur la solidité, le temps d’impression et la consommation de filament. Cura et PrusaSlicer proposent tous deux un large éventail de motifs : lignes, grille, tri-hexagon, cubic, cubic subdivision, gyroid, etc. Le remplissage gyroid, par exemple, est apprécié pour offrir un bon compromis rigidité/consommation, avec une esthétique interne très appréciée pour les pièces translucides.
PrusaSlicer va plus loin pour certains usages spécifiques en intégrant des motifs comme la Hilbert Curve ou les remplissages concentriques avancés, utiles pour des pièces techniques ou pour l’impression de vases et objets décoratifs nécessitant une répartition homogène des contraintes. Cura n’est pas en reste mais privilégie une interface plus épurée, au risque de cacher certaines options derrière des niveaux de visibilité de paramètres. Si vous travaillez sur des pièces structurelles (châssis, pièces de robotique, pièces fonctionnelles sollicitées), il peut valoir la peine de comparer, sur un même modèle, le comportement mécanique avec différents motifs proposés par chaque trancheur.
Gestion des ponts, surplombs et angle d’inclinaison critique
Les ponts (bridging) et surplombs constituent un véritable test pour un moteur de slicing. Cura et PrusaSlicer détectent automatiquement ces zones et ajustent vitesse, débit et refroidissement pour maximiser la réussite. Cura permet de définir un angle d’inclinaison critique au-delà duquel des supports seront générés, ce qui vous donne un contrôle direct sur le compromis entre propreté de surface et économie de matériau.
PrusaSlicer offre également une gestion détaillée des ponts, avec la possibilité de spécifier des vitesses et débits de bridging distincts, ainsi qu’un contrôle fin du ventilateur. Certains utilisateurs constatent que PrusaSlicer produit des ponts légèrement plus nets sur les imprimantes Prusa, grâce à des profils calibrés en usine. Sur d’autres machines, il peut être nécessaire d’ajuster ces paramètres manuellement. Dans tous les cas, nous vous recommandons d’imprimer quelques tests de bridging avec vos réglages habituels sous les deux slicers : c’est souvent révélateur de leurs différences réelles sur votre matériel exact.
Profils prédéfinis et compatibilité matérielle
Un autre critère déterminant dans le choix entre PrusaSlicer et Cura réside dans la qualité des profils prédéfinis et dans la compatibilité avec votre imprimante 3D. Un bon profil de base, bien calibré, vous permet de réussir des impressions dès les premiers essais, là où un profil mal adapté peut vous faire perdre des heures à corriger des problèmes qui ne viennent pas de la machine elle-même.
Bibliothèque native pour imprimantes prusa i3 MK3S+, mini et XL
PrusaSlicer est naturellement optimisé pour l’écosystème Prusa. Il intègre nativement des profils très aboutis pour la Prusa i3 MK3S+, la Prusa Mini, la MK4 ou la XL, ainsi que pour les systèmes multi-matériaux MMU. Ces profils sont continuellement mis à jour par Prusa Research et tiennent compte des retours d’une large base d’utilisateurs, ce qui garantit une grande fiabilité et une excellente répétabilité des résultats.
Si vous utilisez principalement des machines Prusa, il est difficile de justifier un autre choix que PrusaSlicer pour vos impressions quotidiennes, surtout pour exploiter des fonctionnalités spécifiques comme la calibration de première couche, le live Z adjust ou encore les tests d’extrudeur intégrés. Bien sûr, vous pouvez importer des profils Prusa dans Cura, mais cette opération reste partielle : certaines subtilités de comportement et de G-code conditionnel ne seront pas reproduites à l’identique.
Marketplace ultimaker et profils communautaires pour ender 3, anycubic et creality
Cura marque des points sur le terrain de la compatibilité « généraliste ». Grâce à la Marketplace Ultimaker et à une communauté extrêmement active, vous trouverez des profils pour la plupart des imprimantes grand public : Ender 3, CR-10, Anycubic Mega, Sovol, Artillery, etc. De nombreux fabricants fournissent d’ailleurs directement un profil Cura officiel ou semi-officiel, parfois inclus sur la carte SD de la machine.
Pour un débutant équipé d’une imprimante Creality ou Anycubic, Cura offre donc souvent une expérience « plug and print » plus immédiate, avec moins de paramétrage initial. Les profils communautaires ne sont pas tous d’une qualité équivalente, mais vous pouvez rapidement identifier les plus fiables grâce aux notes et commentaires des autres utilisateurs. À l’inverse, PrusaSlicer propose désormais des profils pour une bonne quantité de machines tierces, mais l’écosystème reste moins vaste que celui de Cura pour les imprimantes d’entrée et de milieu de gamme.
Calibration automatique et compensation du flow rate par filament
La gestion du filament et du débit (flow rate) joue un rôle crucial dans la qualité d’impression. PrusaSlicer permet d’associer des profils de filament détaillés à des profils d’imprimante, avec des réglages spécifiques de températures, de vitesses, de rétraction et de débit. Vous pouvez ainsi affiner un profil PLA, PETG ou TPU pour une marque donnée et le réutiliser facilement sur plusieurs projets. Certaines fonctionnalités avancées, comme le G-code conditionnel, autorisent même des adaptations dynamiques du comportement en fonction de la hauteur ou de la durée d’impression.
Cura propose également une gestion fine des matériaux, enrichie par une large bibliothèque de profils de filaments, notamment pour les filaments Ultimaker ou pour des marques partenaires. Toutefois, la calibration automatique complète du flow rate reste limitée : il vous faudra généralement passer par des tests externes (tours de calibration, cubes creux) puis saisir manuellement les valeurs optimales. Dans les deux cas, prendre le temps de calibrer un ou deux filaments clés (votre PLA principal et votre PETG, par exemple) se révèle vite rentable si vous souhaitez proposer des services d’impression 3D avec un niveau de qualité professionnelle.
Fonctionnalités spécialisées pour impression multi-matériaux
L’impression multi-matériaux (ou multi-couleurs) ajoute un niveau de complexité significatif au slicing. Entre les tours de purge, les transitions de couleur, la gestion des supports solubles et les contraintes de temps d’impression, le trancheur devient un acteur central de la réussite du projet. Cura et PrusaSlicer abordent ce défi de manière différente, notamment en raison de l’intégration native du MMU chez Prusa.
MMU2S de prusa et gestion des purge towers dans PrusaSlicer
PrusaSlicer offre une intégration poussée du module multi-matériaux MMU2S (et de ses successeurs). Il sait gérer automatiquement les tours de purge, les blocs de transition et la répartition des couleurs à l’intérieur du modèle. L’interface permet de visualiser en un coup d’œil quelles parties de la pièce seront imprimées avec quel filament, et d’optimiser la quantité de matière purgée entre deux changements.
Vous pouvez par exemple réduire la taille des tours de purge pour gagner du temps et du filament, ou au contraire les agrandir pour fiabiliser les transitions sur des matériaux difficiles (comme le passage du PLA au PETG). PrusaSlicer propose également des options avancées comme l’insertion manuelle de changements de couleur (Color Print) à des hauteurs précises, idéales pour ajouter des logos, légendes ou effets décoratifs. Pour un atelier qui utilise régulièrement le MMU pour des pièces bi-matière ou avec supports solubles, cet écosystème intégré reste une référence.
Support dual extrusion et wipe towers optimisés sous cura
Cura, de son côté, a été pensé dès le départ pour gérer des imprimantes à double extrusion classique (deux têtes physiques). Il offre une bonne maîtrise des tours de purge (wipe towers) et des boucliers de protection (ooze shields) afin de limiter les contaminations entre matériaux. Si vous travaillez avec des couples comme PLA/PVA, PLA/Breakaway ou ABS/HIPS, vous pouvez configurer finement la taille, la position et le comportement de ces structures auxiliaires.
Une des forces de Cura en dual extrusion réside dans sa capacité à associer très simplement chaque extrudeur à un matériau spécifique, avec ses propres températures, vitesses et paramètres de rétraction. L’interface visuelle rend également la gestion des supports solubles plus intuitive : vous voyez rapidement quelle partie sera imprimée avec quel extrudeur, réduisant le risque d’erreur. Pour des imprimantes multi-extrudeurs non-Prusa (Raise3D, BCN3D, certaines Creality), Cura demeure souvent le choix le plus naturel.
Paramétrage des températures différentielles PLA, PETG, TPU et ABS
Qu’il s’agisse de multi-matériaux ou simplement de changer de filament sur une même machine, la gestion des températures différentielles reste un point sensible. PrusaSlicer et Cura permettent tous deux de définir des températures distinctes par matériau, par extrudeur et même par phase d’impression (première couche, couches suivantes). Pour des combinaisons délicates comme PLA et TPU, cette granularité est indispensable pour limiter les soucis d’adhérence ou de warping.
Dans PrusaSlicer, la logique par profils de filament facilite la mise au point de réglages spécifiques pour un PLA « rapide », un PLA « détail », un PETG technique ou un ABS résistant à la chaleur. Cura, grâce à ses profils de matériaux intégrés et à la Marketplace, met à disposition des réglages validés par certains fabricants de filaments, ce qui peut vous faire gagner un temps précieux au démarrage. Dans tous les cas, nous vous conseillons d’imprimer quelques petites pièces de calibration lorsque vous changez de type de filament ou de combinaison de matériaux : c’est le meilleur moyen de valider rapidement la cohérence de vos températures et vitesses.
Extensions, plugins et intégration écosystème
Au-delà des fonctionnalités « de base », un bon slicer doit s’intégrer harmonieusement dans votre écosystème logiciel et matériel. Que vous modélisiez sous Fusion 360, Blender ou FreeCAD, que vous pilotiez vos machines via OctoPrint ou PrusaConnect, votre logiciel de tranchage devient le pivot de votre workflow. C’est aussi là qu’extensions et plugins entrent en jeu pour ajouter des briques fonctionnelles sans alourdir le cœur du programme.
Marketplace ultimaker et scripts post-processing python dans cura
Cura bénéficie d’une Marketplace très fournie où vous pouvez télécharger des plugins officiels ou communautaires : analyse de temps d’impression, génération rapide de tests de calibration, intégrations spécifiques à certaines marques d’imprimantes, etc. Cette extensibilité permet d’adapter le logiciel à des usages très variés, du hobbyiste qui imprime des figurines au bureau d’étude qui gère un parc d’imprimantes 3D. Les mises à jour régulières enrichissent cette bibliothèque d’extensions sans nécessiter de compétences techniques avancées.
En parallèle, Cura supporte des scripts de post-processing en Python, exécutés après le slicing pour modifier automatiquement le G-code. Vous pouvez par exemple insérer des pauses à des hauteurs spécifiques, ajouter des séquences de nettoyage de buse, déclencher un changement de couleur ou encore intégrer des routines personnalisées pour votre ferme d’imprimantes. Pour les utilisateurs les plus avancés, c’est un puissant levier d’automatisation de l’impression 3D.
Intégration OctoPrint, PrusaConnect et upload direct via WiFi
La connexion entre le trancheur et l’imprimante n’est plus limitée à la simple carte SD. PrusaSlicer s’intègre nativement avec OctoPrint et PrusaConnect, permettant d’envoyer directement le G-code via le réseau, de surveiller les impressions et parfois même de visualiser des miniatures des modèles sur l’interface web. Cette intégration est particulièrement appréciée en environnement semi-professionnel ou pour les makers disposant de plusieurs machines réparties dans différents espaces.
Cura propose également des plugins pour la connexion à OctoPrint et à certains systèmes propriétaires, ainsi que le transfert direct vers des imprimantes compatibles WiFi (notamment les machines Ultimaker ou certains modèles tiers). Le choix entre les deux dépendra surtout de votre parc machine : si vous êtes majoritairement équipé en Prusa, l’écosystème PrusaSlicer–PrusaConnect offrira une expérience plus intégrée. Avec un parc hétérogène, Cura et ses extensions réseau peuvent se montrer plus flexibles.
Compatibilité avec fusion 360, blender et export de projets paramétriques
Dans un workflow moderne, le slicer n’est souvent qu’une étape au milieu d’une chaîne qui commence dans un logiciel de CAO ou de modélisation. Cura et PrusaSlicer acceptent évidemment les formats STL et 3MF classiques, mais vont plus loin avec la gestion de projets complets incluant plusieurs pièces, profils d’impression et réglages spécifiques par objet. Le format 3MF, en particulier, permet de conserver ces informations de façon paramétrique et de les réutiliser ultérieurement.
De nombreux plugins et scripts existent pour faciliter le passage de Fusion 360, Blender ou d’autres outils de modélisation vers ces slicers, parfois en un clic. Dans la pratique, on voit souvent des studios de design utiliser Fusion 360 pour la conception mécanique, Blender pour l’aspect organique ou artistique, puis les deux slicers en parallèle pour comparer rapidement les résultats d’impression. Vous pouvez adopter la même stratégie : rien ne vous oblige à choisir un seul trancheur. Au contraire, exploiter à la fois PrusaSlicer et Cura, selon le type de modèle et de matériau, vous donnera une plus grande agilité et vous aidera à tirer le meilleur de votre parc d’imprimantes 3D.